Le sujet dont on ne prononce pas le nom

Le sujet dont on ne prononce pas le nom

Ouain, je regardais des petites entrevues sur l’avortement et le droit des femmes il y a 30 ans versus aujourd’hui l’autre soir. On peut ben dire ce qu’on voudra, ce sera et restera toujours un sujet tabou. Parce que même si on prône la liberté de s’exprimer, probablement que je vais me faire lancer des roches pour mes opinions. Faque elle est où, la liberté de s’exprimer tsé?

Pis y a toujours quelqu’un qui va se faire juger sur ses choix pour une seule chose; chaque personne a ses propres raisons. Ses propres raisons qui ne sont pas les tiennes sûrement. Et sûrement pas l’opinion de plein de personnes en 1974. C’est pour ça que si t’es un humain censé dans la vie, tu t’embarques pas dans des sujets de conversation de même avec des gens de ton entourage qui sont extrémistes par exemple. Pis ça, c’est LE conseil d’une vie. Ça, pis la politique selon moi.

Parce que tu sais pas ce que les gens ont vécu de un. Pis tu le sais pas à quel point la personne à qui tu parles de ça, a un opinion contraire de la tienne et à quel degré elle est prête à t’attaquer pour défendre son point. Te bouder? Non. Exposer tes propos sur la place publique et dire que t’es du gros poisson pourri, peut-être.

C’est triste qu’aujourd’hui, nous devons faire attention à tous nos propos. Les gens sont mille fois plus touchés par ce que l’on expose, ce qu’on dit. On est supposé s’en aller vers une société plus ouverte, mais on s’enfonce dans un contraire plus qu’évident. La liberté d’expression fait mal à ceux que ça atteignent de proche et même de loin.

L’avortement selon moi est un droit acquis et libre d’être utilisé par qui de droit se sent visé par cette aide. Mais, donner naissance aussi est un droit acquis. Chaque cas est un cas unique et spécial, oui. Je n’écris pas pour juger qui que ce soit ni pointer qui que ce soit du doigt. Dans mon optique, l’avortement est un coup de pouce que l’on offre au femme de se donner une deuxième chance, de retourner en arrière et de corriger une action posée. Tristement, certaines l’utilise comme moyen de contraceptif fréquent et c’est là que ça me déchire dans ce dilemme.

Celles qui en abusent, et celles qui ne réfléchissent pas en se lançant tête première comme si c’était une tranche de vie quotidienne. Mais je vous entends de loin me dire, ‘’ Y ont pas choisi ça!, c’est pas leur faute!’’ Ouain ok. Je leur donne le bénéfice du doute. Mais être en position de pouvoir élever un enfant, avoir l’argent, le temps, et la patience pour le faire, penses-y dont. Pense donc à celle qui ne peut pas en avoir des enfants. Celle qui essaye fort mais qui finit toujours par être déçue en sortant des toilettes parce qu’à vient de faire une fausse couche pour la troisième fois.

J’aurais très bien pu me faire avorter, décider de passer cette route et la rayer de carte pour le moment. Parce que non, moi et copain on était pas rendu là dans la vie. Je suis encore aux études, on a pas encore notre véritable nid. On a encore du chemin à faire avant d’être bien installé dans notre vie. Mais on a décidé qu’on ne laissait pas cette chance-là passer parce que tout d’un coup que je ne puisse plus en avoir ? Tout d’un coup que ça ne fonctionne plus après? On prend une pause, on y pense, pis on a prit le temps de décider. On a prit la décision de tout mettre de côté et de commencer cette aventure-là avant toute les autres, parce que, pourquoi pas?

C’est pourquoi l’avortement selon moi est une décision de cas de détresse et non une sortie facile à prendre, juste parce que ça te tente pas. Tu joues quand même avec une vie. Si tu pense ne pas être capable de lui fournir assez d’amour, ni de combler ses besoins, fine. Mais si c’est tout simplement parce que t’es pas rendu là, demande-toi c’est quand tu vas l’être. On est jamais prêt et tu le sauras bien assez vite.

La petite débrouillarde
La Petite Débrouillarde c'est la fille qui se cherche. Mais qui cherche aussi comment réussir un bon pâté chinois, pis réussir aussi à pas donner à souper des sandwichs beurre de peanut - banane à son fils les soirs de semaine parce que son cerveau est resté au bureau. Dans ses ouvrages, on retrouvera de belles histoires, mais aussi des moins belles qui malgré tout, arracheront des sourires à certains, et un sentiment d'appartenance à d'autre.